• Les Terroirs

    Qu’est ce qui fait le goût d’un vin, sa typicité, ses saveurs ? Voilà une réponse qui possèdent beaucoup de réponses et parmi toutes celles possibles, j’aimerais remonter au début de tout ce processus, à la source comme on dit : la Terre ou plus précisément, ce qu’on appelle le Terroir.

    Le Terroir c’est un ensemble de parcelles qui présentera les mêmes caractéristiques géologiques, orographiques – études du relief et des pentes – et climatiques. Ces trois facteurs sont capitaux dans son l’appréciation car tout l’art du Viticulteur est d’abord de trouver le bon Terroir. Vous aurez beau avoir les meilleurs cépages, s’ils ne sont pas adaptés au Terroir, vous n’en tirerez rien. Il faut donc trouver la combinaison entre ces deux-là, sans oublier que la météo finira aussi par s’en mêler. On sait par exemple que les Terroirs avec des calcaires dures, très caillouteux seront plus adaptés pour les Vins Rouges et révèlera un côté plus tanique. A l’opposé les Terroirs avec des calcaires plus sablonneux conviendront mieux à des Vins Blancs car le sable apportera plus de finesse au résultat final.

    Alors pour trouver le bon Terroir, vous me direz c’est facile : il suffit de creuser un trou et de regarder ! Oui mais en pratique c’est beaucoup plus difficile car le Terroir évolue et il est sensible à la météo. De plus nous ne faisons du Vin que depuis 1998 et nous n’avons pas d’antériorité sur nos Terroirs – 20 ans à l’échelle géologique ce n’est rien du tout. Ce n’est d’ailleurs pas le cas de Domaine qui produisent du vin depuis longtemps et qui connaissent parfaitement leurs Terres. Il nous arrive donc parfois de ne pas choisir la bonne combinaison entre le cépage et la parcelle choisie. D’autant plus que le processus est long : presque 5 ans pour que la vigne produise et encore 5 ans pour finalement juger le rendu final. Et lorsque l’on s’est trompé et bien, on arrache et on repart avec un cépage plus adapté. Ça peut paraître difficile mais c’est là aussi tout le défi de notre travail et aussi une expérience, un savoir-faire que nous léguerons aux générations futures.

    Ce qu’il faut également savoir c’est que nous n’avons pas entièrement le choix sur les cépages utilisés. Concrètement, la localisation de nos parcelles fait qu’elles appartiennent au Terroir du Duché d’Uzès. Cette délimitation est réalisée par l’INAO et c’est également eux qui précisent les cépages et les proportions à utiliser. Par exemple, les Vins Blancs AOP Duché d’Uzès comportent 60 % de Grenache Blanc, 30% de Viognier et 10% d’un de ces trois cépages au choix : roussanne, marsanne et vermentino. Il y d’ailleurs un choix logique dans ces cépages – ça ne tombe pas du ciel – car le Grenache par exemple est très adapté à notre Terroir. Il présente de grosses baies et résiste bien à la chaleur et aux sols secs. Cela évite par exemple les blocages en maturité, quand la plante souffre le raisin sèche et arrête sa maturation.

    Ce que j’aime beaucoup dans cette notion de Terroir, c’est la localité et l’identité. Quelqu’un qui travaillerait les mêmes cépages de la même manière que nous à 800 km de notre Domaine, donnerait un vin complétement différent du nôtre. Cette diversité est avant tout une opportunité magnifique pour nous autres vignerons, celle de proposer des vins uniques.

    Patrick Chabrier

  • Les Concours

    Très récemment avait lieu le Salon de l’Agriculture et surtout – parce que nous l’agriculture, on connait – le Concours Général Agricole de Paris. J’avais donc envie de partager avec vous les raisons qui poussent un Vigneron à se présenter à ces concours.

    La première raison elle est très simple, c’est que c’est avant tout un moyen pour nous de jauger notre vin. De cette façon, années après années on sent si le cap qu’on a choisi est le bon et si on travaille dans la bonne direction. Lorsqu’un vin est médaillé, il ne fait aucun doute qu’il est bon néanmoins la réciproque n’est pas vraie : un vin non médaillé ne veut pas dire qu’il est mauvais. Il ne faut pas perdre de vue que le vin change chaque année comme le Jury. On nous demande d’ailleurs souvent pourquoi nous sommes peu présents dans les Guides, ce à quoi je réponds que nous préférons les Concours car ils sont totalement anonymes.

    Se présenter à des concours c’est aussi une manière de savoir si le vin plaira à la clientèle et certains Concours sont plus représentatifs que d’autres, le plus porteur étant – selon moi – le Concours Général Agricole de Paris. Une médaille d’Or à ce Concours sera beaucoup plus repérable par les consommateurs.

    Cependant il faut savoir qu’une fois qu’on commence, il est très délicat de s’arrêter. Car la Médaille devient un gage de qualité et ne pas l’avoir, pourrait laisser croire qu’il est moins bon. Autre chose, il y a une véritable sélection sur les vins que nous présentons aux Concours. Il serait par exemple malvenu de présenter notre Cuvée du Pont du Gard – qui est pourtant très bonne – mais qui porte plus sur le fruit et qui ne supporterait pas la comparaison avec des vins plus étoffés.

    Depuis 1998 que nous produisons du vin, nous avons eu la chance d’avoir beaucoup de médailles soit 91 au total pour le Concours Général Agricole dont 47 en Or. Enfin nous avons beaucoup de satisfaction lorsque nous arrivons à ramener des Médailles dans les trois couleurs – 42 pour le Rouge, 35 pour le Blanc, 14 pour le Rosé – car c’est avant tout un gage de régularité de notre savoir-faire. Nous avons d’ailleurs eu la chance de ramener l’Or dans les trois couleurs cette année encore. Pour conclure je dirais qu’il y une médaille que je n’oublierais pas, c’est justement la première en 1998 avec une Médaille d’Or pour le Merlot : on a le sentiment du travail bien fait.

    Patrick Chabrier

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