• Une aventure familiale

    Travailler en famille a finalement toujours été quelque chose de naturel au Domaine Chabrier. Mon père – la deuxième génération donc – à débuter avec mon oncle avec déjà un partage du travail. L’un à la culture des Melons et de la Vigne et l’autre dans la culture du blé et la gestion de toute la mécanique.

    Lorsque nous avons intégré le Domaine avec mon frère Christophe, il y a aussi eu une répartition du travail qui a d’ailleurs évolué avec le temps surtout lorsque nous avons pris la décision en 1998 de créer notre propre Domaine. Aujourd’hui il gère la culture des vignes et des céréales, une tache qui est soumise à une très forte saisonnalité et qui pour la plantation de nouveaux cépages se préparent deux ans à l’avance. De mon côté j’œuvre à la vinification et à la commercialisation de nos millésimes. Je gère aussi la partie administrative – la paperasse dirons-nous ! – avec Frédérique ma femme ainsi que Karine qui œuvrent aussi au Caveau et à la Vinification.

    Ensuite nous avons vu arriver la 3éme génération avec Louis et Baptiste qui sont respectivement mon fils et mon neveu. Encore une fois les prédispositions et personnalités de chacun font que les rôles se définissent avec le temps. Dans ce cas-ci Louis me seconde dans mes fonctions et Baptise assiste Christophe dans la Culture de la vigne.

    C’est donc 3 générations qui se côtoient au Domaine Chabrier puisque mon Père y travaille encore : il s’occupe désormais en partie dans les vignes et l’autre partie avec la livraison des restaurateurs et caviste. Toutes les décisions importantes se prennent en famille, il y a parfois des conflits de générations mais ces débats ne sont pas du tout infructueux puisque cela permet aussi de faire évoluer le Domaine. Car tout ceci nous le réalisons en grand partie pour le laisser à nos enfants. Autre avantage c’est que nous avons aussi nos propres domaines de compétences et une vraie confiance les uns dans les autres. Autrement dit chacun jouit d’une certaine liberté et chacun connait aussi le domaine de l’autre puisque nous nous aidons selon les besoins. Dans ma partie commerciale c’est d’ailleurs très utile car je peux expliquer tout notre travail : de la vigne à la mise en bouteille car j’y participe, je le vis.

    Enfin même si parfois le ton monte – c’est de famille chez nous – nous avons aussi le plaisir de se voir régulièrement et de ne pas perdre l’essentiel de vue. Qui plus est nos clients aiment savoir que tout ceci est avant une histoire de famille, une histoire qui est là pour durer car comme on dit chez nous « On regarde toujours devant, rarement derrière si ce n’est pour voir le chemin parcouru ! ».

    Patrick Chabrier

  • L’Oenologue

    Lorsqu’en 1998 nous prenons la décision de tenir notre propre Cave et de proposé notre Vin, notre première préoccupation a été d’être bien accompagné. Nous nous sommes donc tourné vers les laboratoires afin de trouver un œnologue et ainsi débuter la vinification sur des bases solides. C’est donc vers l’ICV – pour Institut Coopératif du Vin – que nous nous sommes orientés. Il s’agit du plus grand laboratoire pour le Sud de la France, avec ses propres œnologues salariés et une expertise reconnue dans le métier.

    Alors concrètement un Œnologue c’est quoi ? C’est quelqu’un qui va aider le Vigneron sur les différentes phases de la création d’un vin : le choix des cépages, des Terroirs, sur la vinification, l’assemblage et enfin sur la qualité du Vin. L’idée principale est bien d’avoir quelqu’un de qualifié qui va nous permettre d’avoir un avis extérieur sur notre travail quotidien.

    Nous avons travaillé pendant 15 ans avec l’œnologue Adrien Debaud et c’est Audrey Formosa qui a repris la relève. Diplômée d’œnologie, elle présente l’avantage d’avoir travaillé dans le négoce de vin, ce qui fait qu’elle connait aussi la partie commerciale du métier. Ce changement a également mis en lumière la subjectivité de cette collaboration puisque derrière chaque œnologue se cache un être humain avec sa propre sensibilité et ses propres expériences. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous faisons aussi déguster notre vin à d’autres œnologues et ainsi avoir une tendance générale sur celui-ci.

    Audrey est quelqu’un de très technique qui a le sens du détail et son apport théorique offre un complément indispensable au regarde de tout le travail que nous effectuons. La vinification et le travail en Cave est le fruit d’un travail d’équipe que je mène avec mon frère et Karine. Dans ce processus il y a forcément des parties pris, la vision d’Audrey et de ses collègues permet aussi d’acquérir un autre regard sur ces décisions qui auront un impact sur le produit final. Cela fait bientôt 18 ans que nous avons décidé de proposer nos propres cuvées et il est évident qu’aujourd’hui nous avons accumulé de l’expérience mais aussi une volonté plus affirmée sur les objectifs que nous nous sommes fixés tous ensemble.

    Et dans cette envie de qualité, nous ne pourrions-nous passer de travailler avec Audrey. La vie d’un Domaine est également rythmée par tous les processus, certaines périodes sont plus intenses que d’autres – comme les Vendanges-  et il est toujours bon d’avoir quelqu’un qui ne perd pas de vue la finalité de notre travail. Surtout que son travail évolue lui aussi avec les saisons : visites des parcelles, dégustation du raisin directement sur la souche afin d’affiner la date de récolte et bien sûr jusqu’à l’assemblage, une étape que nous réalisons en famille et sur laquelle elle nous éclaire d’un avis extérieur. Et enfin sur la dégustation finale du produit, elle était d’ailleurs récemment au Domaine pour déguster la Cuvée 2015 de Riomal. Car nous sommes aussi « éleveurs de vin », il s’agit donc de veiller à sa maturation et donc de déterminer le moment opportun où le vin sera parfait pour être mis en bouteille et proposer à notre clientèle.

    Je me permets donc de saluer ici ce beau métier et tous ceux qui le pratiquent, à ces gens qui s’investissent – comme le fait Audrey – avec beaucoup d’intégrité et de passion et qui partagent avec nous autres Vignerons, l’amour du bon Vin.

    Patrick Chabrier

  • Les Terroirs

    Qu’est ce qui fait le goût d’un vin, sa typicité, ses saveurs ? Voilà une réponse qui possèdent beaucoup de réponses et parmi toutes celles possibles, j’aimerais remonter au début de tout ce processus, à la source comme on dit : la Terre ou plus précisément, ce qu’on appelle le Terroir.

    Le Terroir c’est un ensemble de parcelles qui présentera les mêmes caractéristiques géologiques, orographiques – études du relief et des pentes – et climatiques. Ces trois facteurs sont capitaux dans son l’appréciation car tout l’art du Viticulteur est d’abord de trouver le bon Terroir. Vous aurez beau avoir les meilleurs cépages, s’ils ne sont pas adaptés au Terroir, vous n’en tirerez rien. Il faut donc trouver la combinaison entre ces deux-là, sans oublier que la météo finira aussi par s’en mêler. On sait par exemple que les Terroirs avec des calcaires dures, très caillouteux seront plus adaptés pour les Vins Rouges et révèlera un côté plus tanique. A l’opposé les Terroirs avec des calcaires plus sablonneux conviendront mieux à des Vins Blancs car le sable apportera plus de finesse au résultat final.

    Alors pour trouver le bon Terroir, vous me direz c’est facile : il suffit de creuser un trou et de regarder ! Oui mais en pratique c’est beaucoup plus difficile car le Terroir évolue et il est sensible à la météo. De plus nous ne faisons du Vin que depuis 1998 et nous n’avons pas d’antériorité sur nos Terroirs – 20 ans à l’échelle géologique ce n’est rien du tout. Ce n’est d’ailleurs pas le cas de Domaine qui produisent du vin depuis longtemps et qui connaissent parfaitement leurs Terres. Il nous arrive donc parfois de ne pas choisir la bonne combinaison entre le cépage et la parcelle choisie. D’autant plus que le processus est long : presque 5 ans pour que la vigne produise et encore 5 ans pour finalement juger le rendu final. Et lorsque l’on s’est trompé et bien, on arrache et on repart avec un cépage plus adapté. Ça peut paraître difficile mais c’est là aussi tout le défi de notre travail et aussi une expérience, un savoir-faire que nous léguerons aux générations futures.

    Ce qu’il faut également savoir c’est que nous n’avons pas entièrement le choix sur les cépages utilisés. Concrètement, la localisation de nos parcelles fait qu’elles appartiennent au Terroir du Duché d’Uzès. Cette délimitation est réalisée par l’INAO et c’est également eux qui précisent les cépages et les proportions à utiliser. Par exemple, les Vins Blancs AOP Duché d’Uzès comportent 60 % de Grenache Blanc, 30% de Viognier et 10% d’un de ces trois cépages au choix : roussanne, marsanne et vermentino. Il y d’ailleurs un choix logique dans ces cépages – ça ne tombe pas du ciel – car le Grenache par exemple est très adapté à notre Terroir. Il présente de grosses baies et résiste bien à la chaleur et aux sols secs. Cela évite par exemple les blocages en maturité, quand la plante souffre le raisin sèche et arrête sa maturation.

    Ce que j’aime beaucoup dans cette notion de Terroir, c’est la localité et l’identité. Quelqu’un qui travaillerait les mêmes cépages de la même manière que nous à 800 km de notre Domaine, donnerait un vin complétement différent du nôtre. Cette diversité est avant tout une opportunité magnifique pour nous autres vignerons, celle de proposer des vins uniques.

    Patrick Chabrier

  • Les Concours

    Très récemment avait lieu le Salon de l’Agriculture et surtout – parce que nous l’agriculture, on connait – le Concours Général Agricole de Paris. J’avais donc envie de partager avec vous les raisons qui poussent un Vigneron à se présenter à ces concours.

    La première raison elle est très simple, c’est que c’est avant tout un moyen pour nous de jauger notre vin. De cette façon, années après années on sent si le cap qu’on a choisi est le bon et si on travaille dans la bonne direction. Lorsqu’un vin est médaillé, il ne fait aucun doute qu’il est bon néanmoins la réciproque n’est pas vraie : un vin non médaillé ne veut pas dire qu’il est mauvais. Il ne faut pas perdre de vue que le vin change chaque année comme le Jury. On nous demande d’ailleurs souvent pourquoi nous sommes peu présents dans les Guides, ce à quoi je réponds que nous préférons les Concours car ils sont totalement anonymes.

    Se présenter à des concours c’est aussi une manière de savoir si le vin plaira à la clientèle et certains Concours sont plus représentatifs que d’autres, le plus porteur étant – selon moi – le Concours Général Agricole de Paris. Une médaille d’Or à ce Concours sera beaucoup plus repérable par les consommateurs.

    Cependant il faut savoir qu’une fois qu’on commence, il est très délicat de s’arrêter. Car la Médaille devient un gage de qualité et ne pas l’avoir, pourrait laisser croire qu’il est moins bon. Autre chose, il y a une véritable sélection sur les vins que nous présentons aux Concours. Il serait par exemple malvenu de présenter notre Cuvée du Pont du Gard – qui est pourtant très bonne – mais qui porte plus sur le fruit et qui ne supporterait pas la comparaison avec des vins plus étoffés.

    Depuis 1998 que nous produisons du vin, nous avons eu la chance d’avoir beaucoup de médailles soit 91 au total pour le Concours Général Agricole dont 47 en Or. Enfin nous avons beaucoup de satisfaction lorsque nous arrivons à ramener des Médailles dans les trois couleurs – 42 pour le Rouge, 35 pour le Blanc, 14 pour le Rosé – car c’est avant tout un gage de régularité de notre savoir-faire. Nous avons d’ailleurs eu la chance de ramener l’Or dans les trois couleurs cette année encore. Pour conclure je dirais qu’il y une médaille que je n’oublierais pas, c’est justement la première en 1998 avec une Médaille d’Or pour le Merlot : on a le sentiment du travail bien fait.

    Patrick Chabrier

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